Oui, un freelance peut prospecter des entreprises trouvées sur Google Maps, mais deux textes différents s'appliquent et il faut les distinguer : le RGPD, qui encadre ce que vous faites des données, et les conditions d'utilisation de Google, qui encadrent la façon dont elles sont extraites. Une donnée visible par tout le monde n'est pas pour autant libre de tout usage. Voici ce qui change concrètement pour la collecte, avant même d'envoyer le moindre message.
Une donnée publique est-elle libre de droits ?
Non. Une donnée accessible à tous reste soumise aux règles qui la concernent. Le RGPD s'applique dès qu'une information permet d'identifier une personne physique, qu'elle soit publiée sur un site, sur une fiche Google ou dans un annuaire. Le fait qu'elle soit publique ne supprime ni vos obligations, ni les droits de la personne concernée.
Ce qui compte, c'est la nature de ce que vous collectez. Une fiche Google Maps contient surtout des informations d'entreprise : nom commercial, adresse, téléphone du standard, site web, horaires, avis. Pour une société, ces éléments décrivent une organisation, pas un individu. Le RGPD entre en jeu surtout quand la donnée renvoie à une personne : le prénom et le nom d'un dirigeant, une adresse du type prenom.nom@entreprise.fr, le numéro de mobile d'un artisan qui exerce en nom propre.
Un cas demande de la vigilance : l'entreprise individuelle. Pour un plombier ou une coiffeuse qui travaille seul, le nom de l'activité est souvent son propre nom. La frontière entre donnée d'entreprise et donnée personnelle y est mince, et c'est là que la plupart des erreurs se produisent.
Sur quelle base légale peut-on collecter et contacter ?
En prospection B2B, la base légale habituelle est l'intérêt légitime, prévue à l'article 6.1.f du RGPD. Le texte reconnaît explicitement, dans son considérant 47, que le traitement de données à des fins de prospection peut répondre à un intérêt légitime. Cela dispense de recueillir un consentement avant le premier contact, à condition que votre intérêt ne l'emporte pas sur les droits de la personne.
Cette base ne se déclare pas à la légère. Vous devez pouvoir justifier que la prospection est cohérente avec ce que la personne peut raisonnablement attendre. Un freelance SEO qui contacte un restaurateur pour parler de visibilité locale reste dans ce cadre. Le même message envoyé à un dirigeant dont l'activité n'a aucun rapport avec votre offre en sort.
Pour l'envoi proprement dit, l'article L34-5 du Code des postes et des communications électroniques fixe les règles de la prospection par email. Elles sont détaillées dans notre article sur le cold email B2B et le RGPD. Ici, on s'arrête à la collecte : l'envoi est un autre sujet, avec ses propres conditions.
Informer les personnes : l'obligation que tout le monde oublie
Quand vous collectez une donnée personnelle ailleurs que chez la personne elle-même, l'article 14 du RGPD vous oblige à l'informer : qui vous êtes, pourquoi vous avez ses données, d'où elles viennent, quels sont ses droits. Le texte prévoit que cette information intervienne dans un délai raisonnable, au plus tard un mois après la collecte, ou au plus tard lors du premier contact si la donnée sert à entrer en relation avec elle.
En pratique, pour un freelance, cela se règle dans le premier message. Une phrase suffit :
Je vous contacte car votre entreprise apparaît sur Google Maps dans votre secteur. Vous pouvez me demander à tout moment de ne plus vous écrire ou de supprimer vos données.
Ajoutez qui vous êtes, la source de l'information et un moyen simple de répondre. C'est court, et c'est ce qui sépare une prospection défendable d'un fichier constitué en aveugle.
Le droit d'opposition ne se négocie pas
L'article 21 du RGPD donne à toute personne le droit de s'opposer à tout moment au traitement de ses données à des fins de prospection. Il n'y a pas de motif à justifier, et une fois l'opposition exprimée, vous devez cesser. Concrètement, cela implique de tenir une liste des personnes qui ont demandé à ne plus être contactées, et de la vérifier avant chaque nouvelle campagne.
Un tableur avec une colonne « ne plus contacter » suffit pour démarrer. Le piège classique est de réimporter une extraction fraîche qui réintroduit des contacts déjà opposés : croisez toujours la nouvelle liste avec la précédente.
Les CGU de Google : un autre sujet, contractuel
Le RGPD ne dit rien de la façon dont vous obtenez les données. C'est là qu'interviennent les conditions d'utilisation de Google. Les conditions de Google Maps Platform interdisent d'extraire en masse le contenu de Maps pour le réutiliser en dehors des services de Google. La numérotation exacte des clauses change d'une version à l'autre, lisez donc le texte en vigueur plutôt qu'un résumé.
Deux nuances utiles :
- C'est une clause contractuelle, entre l'utilisateur et Google. Elle n'a rien à voir avec le RGPD : on peut respecter l'un et pas l'autre.
- Le risque pratique est surtout que Google restreigne ou coupe un accès : c'est un différend avec un prestataire, pas une infraction au RGPD.
Passer par un outil tiers ne règle pas la question à votre place. Si vous utilisez un outil qui collecte des fiches Maps, vérifiez comment il obtient ses données et ce que ses propres conditions vous demandent de respecter. Cet article ne remplace pas un avis juridique : pour un cas précis, rapprochez-vous de la CNIL ou d'un avocat.
Les bonnes pratiques à appliquer dès la collecte
On a construit CityLead autour de ces règles, parce que c'est ce qu'on aurait voulu vérifier nous-mêmes avant de prospecter. Voici ce qui reste valable, avec ou sans notre outil :
- Ne collecter que ce dont vous avez besoin. Nom de l'entreprise, ville, site web, un contact professionnel. Pas de profil personnel, pas de réseaux sociaux privés, pas de date de naissance.
- Privilégier les données d'entreprise. Une adresse générique comme
contact@entreprise.frn'identifie pas une personne. C'est le cas le plus sûr. - Écarter les adresses personnelles. Un Gmail ou un Orange utilisé pour une activité indépendante relève du régime du consommateur. CityLead écarte ces adresses par défaut, et distingue les emails de société de ceux d'indépendants.
- Chercher l'email au bon endroit. Sur le site de l'entreprise, là où elle l'a publié pour être contactée (page d'accueil, page contact, mentions légales), plutôt que de le deviner.
- Informer au premier contact (article 14) et prévoir l'opposition (article 21), comme vu plus haut.
- Limiter la durée de conservation. Un fichier qui dort pendant des années est un risque. Supprimez ce qui n'a pas donné lieu à un échange réel.
- Garder l'envoi sous votre contrôle. CityLead n'envoie aucun message à votre place : vous décidez de ce que vous exportez et de la manière dont vous contactez.
Ces points ne demandent pas d'outillage lourd. Ils demandent surtout de décider, avant de lancer une recherche, de ce que vous gardez et de ce que vous laissez de côté.
Ce que fait la recherche de CityLead, concrètement
Quand vous lancez une recherche par ville et par métier dans CityLead, vous obtenez des entreprises avec leurs informations professionnelles publiques : nom, adresse, site, téléphone, avis. L'email est cherché sur le site de l'entreprise elle-même, puis classé en email de société ou d'indépendant, pour que vous sachiez avant de contacter si le cadre B2B s'applique. L'outil ne cherche pas à constituer de profils de personnes.
C'est un point de départ qui limite les erreurs, pas une garantie de conformité : la responsabilité d'informer les personnes et de respecter leur droit d'opposition reste la vôtre, puisque c'est vous qui prospectez. Si vous voulez voir le tri d'un secteur avant de vous engager, la recherche par ville et par métier permet de le faire sur quelques prospects d'abord.