Pour être cité par ChatGPT quand on vend des sites, du SEO ou du design, il faut d'abord que son propre site soit lisible par ses robots, que sa page de services dise clairement qui on aide et où, et que ses données structurées et sa FAQ soient en place. Aucune de ces trois conditions n'est garantie par le fait d'être un bon prestataire. Et aucune ne garantit une citation. Voici la grille, point par point, à appliquer à votre site avant de l'appliquer à celui d'un client.
Vos futurs clients demandent-ils vraiment à une IA qui engager ?
De plus en plus, oui. Dans la Local Consumer Review Survey 2026 de BrightLocal, la part des consommateurs qui utilisent un outil d'IA pour trouver une entreprise locale est passée de 6 % à 45 % en un an, et l'IA se place désormais en troisième position des outils de recommandation, derrière Google et Facebook. Deux réserves à garder en tête : l'enquête porte sur 1 002 adultes américains, et elle mesure des consommateurs qui cherchent un commerce, pas des dirigeants de TPE qui cherchent un prestataire web.
Le lien avec votre activité reste direct. Un restaurateur ou un artisan qui cherche « qui peut refaire mon site à Nantes » ne passe plus forcément par dix liens bleus. Il lit une réponse de trois lignes avec deux ou trois noms. Être dans cette réponse ou en être absent, c'est une partie du bouche-à-oreille qui se joue sans que vous le sachiez.
Peut-on garantir d'être cité par ChatGPT ?
Non, et se méfier de quiconque le promet, y compris dans ses propres offres de service. Google le dit noir sur blanc dans sa documentation sur les fonctionnalités d'IA de la recherche : pour apparaître comme source dans les AI Overviews ou le mode IA, une page doit être indexée et éligible à un extrait, et il n'y a aucune exigence technique supplémentaire ni balisage spécial à ajouter. ChatGPT, de son côté, choisit ses sources selon la pertinence de la requête, pas selon une checklist que vous auriez cochée.
Ce que vous contrôlez, c'est le fait de ne pas vous exclure vous-même. C'est un objectif plus modeste que « être cité », mais c'est le seul qui soit honnête. Les points qui suivent servent à lever les obstacles évitables, pas à acheter une place dans la réponse.
Les robots d'IA peuvent-ils lire votre site ?
C'est le premier contrôle, parce qu'un site fermé ne peut pas être cité. OpenAI distingue plusieurs robots dans sa documentation des crawlers. OAI-SearchBot sert à faire apparaître les sites dans les résultats de recherche de ChatGPT, et OpenAI recommande de l'autoriser dans le robots.txt. GPTBot, lui, sert à l'entraînement des modèles : on peut l'interdire tout en laissant OAI-SearchBot passer. ChatGPT-User correspond aux visites déclenchées par un utilisateur précis, et OpenAI indique que le robots.txt ne s'y applique pas forcément.
En pratique, vérifiez deux choses :
- votre
robots.txtne contient pas unDisallow: /global, ni une règle copiée d'un tutoriel « bloquez tous les robots IA » qui coupe aussi les robots de recherche ; - votre hébergeur, votre CDN ou votre pare-feu ne bloque pas ces robots en silence. Un
robots.txtpropre ne dit rien d'un blocage côté serveur.
Le blocage volontaire reste rare. Sur les sites qu'on audite chez Citylead, seulement 4 % bloquent activement au moins un robot d'IA dans leur robots.txt. Le vrai risque est donc le réglage hérité d'un plugin ou d'un CDN que vous n'avez jamais ouvert. Le détail des différences entre robots d'entraînement et robots de recherche est dans notre article sur les crawlers IA et Cloudflare Radar.
Votre page de services dit-elle clairement qui vous aidez et où ?
Une IA qui doit recommander un prestataire cherche des faits qu'elle peut reprendre sans les deviner : ce que vous faites, pour qui, dans quelle zone ou à distance, et à quel niveau de prix. Une page « Nos services » qui parle de « solutions sur mesure » et d'« accompagnement global » ne donne rien à extraire.
Une page citable répond dès la première phrase. Par exemple : « Je crée des sites vitrines et des boutiques en ligne pour les TPE de la restauration et de l'artisanat, en France entière, à partir de 1 500 €. » Ensuite, chaque prestation a son propre titre, une description de deux ou trois phrases, et les sections portent des intitulés formulés comme de vraies questions : « Combien coûte un site vitrine pour un artisan ? », « Combien de temps prend une refonte ? ». C'est ce que les gens tapent, et c'est ce que les moteurs de réponse retrouvent.
Deux erreurs fréquentes : tout mettre dans une seule page d'accueil de 3 000 mots, et ne publier aucun prix, même en fourchette. Sans prix, une IA ne peut pas vous placer dans une réponse à « combien coûte ».
Quelles données structurées ajouter sur son propre site ?
Le minimum utile est un balisage Organization ou ProfessionalService (un sous-type de LocalBusiness) : nom, description, site, réseaux, zone d'intervention. Ajoutez Person si vous êtes freelance et que votre nom est votre marque, avec un lien vers votre profil LinkedIn.
Précision utile, parce qu'on la lit rarement : Google indique que les données structurées ne sont pas nécessaires pour ses fonctionnalités d'IA. Ce balisage reste pertinent pour son usage habituel, et il lève l'ambiguïté sur qui vous êtes, ce qui compte quand deux entreprises portent un nom proche. Notre étude montre que cette marge est réelle dans le secteur : 31 % des 907 agences et consultants audités ont des données structurées faibles ou absentes. Si vous voulez le proposer aussi à vos clients, la démarche est détaillée dans comment vendre l'ajout de données structurées à un client TPE.
Pourquoi une FAQ balisée change-t-elle quelque chose ?
Parce qu'elle fournit des paires question/réponse déjà découpées, que les moteurs peuvent reprendre sans reformuler. C'est aussi le point où le secteur est le plus en retard : dans notre échantillon, 93 % des 907 agences et consultants digitaux n'ont aucune FAQ exploitable par une IA sur leur propre site, au sens où le balisage FAQPage ou Question/acceptedAnswer est absent. Le score médian de citabilité de l'échantillon est de 56/100, et 21 % des sites passent sous 40/100.
Ces chiffres mesurent des signaux techniques sur 907 sites, pas des citations réelles dans ChatGPT. On n'a pas de preuve qu'un score de 80 produit plus de citations qu'un score de 56. On sait en revanche qu'un site sans FAQ lisible a retiré de lui-même un format que les moteurs de réponse savent exploiter.
Pour la rédiger : quatre à six questions que vos clients posent vraiment avant de signer (délai, prix, ce qui est inclus, qui garde la propriété du site), une réponse de deux à quatre phrases qui tranche, puis le balisage FAQPage par-dessus. Pas de questions inventées pour caser un mot-clé.
Votre nom et votre spécialité sont-ils les mêmes partout ?
Une IA qui cherche à vérifier qui vous êtes recoupe plusieurs sources : votre site, votre profil LinkedIn, votre fiche Google Business, votre profil sur une place de marché de freelances. Si votre site dit « agence SEO pour e-commerce » et que LinkedIn dit « consultant marketing digital », vous brouillez le signal. Alignez le nom exact, la spécialité en une phrase, la ville ou la mention « à distance », et les liens entre ces profils.
Les avis comptent aussi, mais c'est un autre chantier, avec son propre article : voir comment vendre la gestion des avis Google en prestation récurrente.
Que faut-il faire d'un fichier llms.txt ?
Peu de choses. Google précise qu'il peut découvrir un fichier llms.txt comme n'importe quel fichier texte, mais qu'il ne lui donne aucune signification pour l'inclusion dans ses réponses d'IA. Si vous en publiez un, c'est parce que ça se fait en une demi-heure, pas parce que ça fera de vous une source. Le bilan complet est dans notre article sur le fichier llms.txt chez les clients TPE. Passez d'abord par les quatre points précédents.
Comment vérifier où en est votre propre site ?
Dans l'ordre : lisez votre robots.txt, testez l'accès avec les user-agents des robots de recherche IA, relisez votre page de services comme si vous étiez une machine qui doit extraire trois faits, vérifiez la présence d'un balisage Organization et d'une FAQ balisée.
C'est ce que fait le score AGO (AI Readiness) de l'audit Citylead, sur 11 dimensions pondérées : données structurées, titres, FAQ, profondeur de contenu, identité de l'entité, citations et sources, accès des robots IA, fraîcheur. Pour les robots de recherche, il ne se contente pas de lire le robots.txt : il fait une vraie requête avec le user-agent de chaque robot, parce qu'un blocage côté CDN ne se voit pas autrement. Lancez-le d'abord sur votre propre site, puis sur ceux de vos prospects : c'est le même audit, et l'écart entre leur score et le vôtre est un très bon point de départ pour une conversation commerciale.