Un numéro SIREN se vérifie gratuitement, en ligne, en moins de deux minutes. Pourtant la plupart des freelances web, SEO ou design envoient un devis à un nouveau client sans avoir jamais regardé si l'entreprise en face existe vraiment, depuis quand, et si elle est toujours active. Voici où chercher, quels signaux comptent réellement, et ce qu'une ancienneté courte dit (et ne dit pas) sur le risque.
Le réflexe de base : vérifier le SIREN sur le site officiel de l'Insee
Chaque entreprise française a un numéro SIREN à 9 chiffres, attribué par l'Insee à sa création. Ce numéro doit légalement figurer sur chaque devis et chaque facture reçus d'un professionnel : c'est déjà, sans le savoir, une première source de vérification disponible avant même d'ouvrir un navigateur.
Le site officiel et gratuit pour interroger ce numéro est avis-situation-sirene.insee.fr : SIREN ou SIRET en entrée, avis de situation en sortie, avec l'adresse du siège, le code NAF (l'activité déclarée) et l'état administratif (active ou cessée). Si le numéro n'est pas encore connu, une recherche par nom sur l'annuaire des entreprises officiel permet de le retrouver. Beaucoup de sites tiers proposent le même service contre paiement ou inscription : l'Insee prévient explicitement que ce document reste gratuit sur son propre portail, aucune raison de payer pour l'obtenir ailleurs.
Ce document a une limite à connaître : c'est une fiche d'identité statistique, pas un justificatif juridique d'existence au sens d'un Kbis. Pour du B2B courant avant un devis, il suffit largement. Pour un engagement financier important, un Kbis récent via Infogreffe reste la pièce à demander directement au client.
Trois signaux d'alerte à repérer sur la fiche
Trois éléments, croisés, valent plus qu'un seul regardé isolément.
- Un état "cessée" ou "radiée". Si la fiche indique que la structure n'est plus active, n'importe quel devis, contrat ou email reçu à ce nom devient suspect. Ce n'est pas une hypothèse théorique : plusieurs signalements documentent des SIREN d'entreprises radiées ou inactives réutilisés dans de faux documents commerciaux pour donner une apparence légale à une arnaque, en s'appuyant sur des informations publiques et donc facilement récupérables.
- Une adresse ou une activité qui ne colle pas. Un siège social qui correspond à une boîte postale ou à un local de domiciliation générique, combiné à un code NAF sans rapport avec ce que le prospect décrit de son activité, mérite une question directe avant de chiffrer quoi que ce soit.
- Une procédure collective en cours. L'état "active" sur la fiche Sirene n'exclut pas un redressement ou une liquidation judiciaire en cours : ce sont deux registres différents. Le BODACC recense gratuitement, par SIREN ou par nom, l'ouverture de ces procédures. Une entreprise en redressement judiciaire peut rester un client légitime, mais le risque d'impayé y est mécaniquement plus élevé, et le savoir avant de signer change la façon de structurer le paiement (acompte plus élevé, échéancier plus court).
Ce que dit vraiment l'ancienneté, et ce qu'elle ne dit pas
L'ancienneté seule n'est jamais un verdict, mais elle reste un signal statistique réel. Selon l'Insee, le taux de survie des entreprises classiques atteint 94,6 % à 1 an, 81,3 % à 3 ans et 69,0 % à 5 ans, avec un écart net selon la forme juridique : 70,6 % de survie à 5 ans pour les sociétés, contre seulement 63,3 % pour les entreprises individuelles. Autrement dit, plus une structure a duré, statistiquement plus elle a de chances de continuer à durer.
Ça ne veut pas dire qu'un client créé la semaine dernière est un mauvais client : toute entreprise aujourd'hui installée a forcé, un jour, ce même cap. Une création très récente devient un signal utile seulement combinée à autre chose : aucune trace d'activité en ligne, une urgence commerciale inhabituelle pour démarrer, ou un paiement proposé dans des conditions qui sortent de l'ordinaire. Prise seule, une ancienneté courte ne justifie jamais un refus, juste une vigilance un peu plus élevée sur le reste du dossier.
Croiser avec les signaux d'activité en ligne
Le registre légal ne raconte qu'une partie de l'histoire. Une entreprise peut être active, sans procédure collective, et pourtant n'avoir aucune trace numérique sérieuse : pas de site, pas de fiche Google renseignée, aucun avis client, un numéro de téléphone qui ne répond jamais aux heures ouvrées. Ce n'est pas illégal ni automatiquement suspect (certaines activités tournent très bien sans présence en ligne), mais combiné à une création très récente et à un projet chiffré en urgence, ça mérite un appel de vérification avant d'envoyer quoi que ce soit.
En croisant régulièrement les fiches Sirene aux audits qu'on fait tourner sur Citylead, on voit revenir ce même combo : structure créée depuis quelques semaines, aucune présence en ligne détectable, et un besoin présenté comme urgent. Ce n'est pas un motif de refus automatique, mais c'est exactement le genre de dossier où quelques minutes de vérification supplémentaires avant de signer évitent une mauvaise surprise.
La méthode en 5 minutes avant d'envoyer un devis
Dans l'ordre, pour un nouveau client qui n'est pas passé par une recommandation directe :
- Chercher le SIREN sur avis-situation-sirene.insee.fr à partir du nom de l'entreprise si le numéro n'est pas fourni.
- Vérifier l'état administratif (active / cessée) et la cohérence entre l'activité déclarée (code NAF) et ce que le client dit vendre.
- Vérifier l'ancienneté, sans en faire un couperet seul, mais comme un des signaux du dossier.
- Croiser sur le BODACC en cas de doute, ou pour un montant engagé significatif.
- Chercher une trace d'activité en ligne minimale (site, fiche Google, avis) avant de chiffrer un projet conséquent avec un contact jamais recommandé par quelqu'un de confiance.
Une fois ce dossier jugé sain, la suite se joue sur la façon dont le devis lui-même est construit : voir notre guide sur rédiger un devis freelance web qui rassure et convertit pour la partie qui vient juste après cette vérification.
Malgré ces vérifications, une facture livrée reste parfois impayée : voir notre guide sur la marche à suivre en cas de facture impayée pour la relance, la mise en demeure et les procédures de recouvrement disponibles selon le montant dû.
Ce que Citylead affiche déjà avant le premier contact
Ces cinq minutes de vérification, on les a directement intégrées à la fiche prospect. Quand une recherche par ville et par métier remonte une entreprise, sa date de création Sirene, son état administratif (actif ou cessé) et, quand la donnée existe, son chiffre d'affaires apparaissent déjà sur la fiche, avant tout premier contact avec le prospect. Les mêmes signaux que ceux détaillés plus haut, déjà affichés plutôt qu'à aller chercher soi-même une fois le devis presque prêt à partir.